Les femmes doivent « Voice out »

Être femme and « voice out ». Étrange de vous parler français et anglais dans la même phrase mais l’expression  » voice out » semblait la plus appropriée pour exprimer totalement l’idée qui vient de jaillir dans ma tête.

Chers Lecteurs, bonsoir.

Nous sommes Vendredi, fin de semaine et je vous écris depuis le Cameroun, mon cher et tendre pays. Je viens de vivre une histoire qui aurait pu se terminer en ce que le gars Loic Nkono appelle #ndemdutakesh en d’autres termes, une aventure malheureuse à bord d’un taxi.

J’étais dans un taxi sur le chemin du retour à la maison, assise au milieu entre deux hommes ET…ils ont écarté leurs jambes. Ils ont laissé cet espace sans fin entre leur jambe gauche et leur jambe droite, et vu l’espace minuscule du taxi, j’ai dû resserrer mes jambes. Mais, c’était désagréable, je me sentais étouffée et pour une fois, je me suis exprimée.

J’ai fait la remarque au jeune à côté de moi, sur le ton de la blague mais assez fort pour être entendue de tous et à mon grand étonnement, ils ont effectivement fermé leurs jambes. Ça a été l’occasion d’un petit débat dans le taxi sur cette attitude très masculine, tant de fois observée et sur son pendant féminin (une femme bien élevée doit fermer les jambes). J’ai même pu leur faire réaliser que cette soi-disant règle dictée aux femmes, était avant tout le fruit de notre style vestimentaire initial. Les femmes pendant longtemps ont été vouées aux robes, pagnes et jupes, et dans ces tenues, écarter les jambes, c’était prendre le risque de laisser voir sa petite culotte. Douce infamie! Mais au vu de l’évolution des tenues vestimentaires, la règle n’a pas évolué et est demeurée caractéristique d’une certaine bienséance féminine comme le fait d’écarter les jambes pour les hommes, serait un signe d’affirmation de leur masculinité.

Le fait que ces hommes m’écoutent et soient prêts à ouvrir le débat, m’a démontré à quel point, on nous conditionne, nous femmes à « supporter », à se plaindre le moins possible. En effet, je ne compte pas le nombre de fois où dans un taxi, j’ai vécu la même situation désobligeante et je me suis tout simplement tue jusqu’à mon arrivée à destination.

Je ne compte pas le nombre d’autres situations embarrassantes, insultantes à mon goût mais que la société me pousse à considérer comme des marques d’attention : les sifflets en public, ces hommes qui t’appellent  » ma chérie « ,  » bébé  » sans te connaître et qui t’insultent dès que tu les ignores.

Il en est de même pour ces hommes qui te courent après, osent te toucher sans ton consentement, qui trouvent normal d’insister pour avoir ton numéro, ces remarques vaseuses de clients, collègues, chefs auxquelles, il est de bon ton de répondre par le sourire/rire. Oui, je ne compte pas le nombre de fois où nous, femmes, sont invitées à tolérer, supporter, tout et n’importe quoi.

Le débat dans le taxi ce jour m’a pourtant prouvé que nous avons la possibilité de dire « non », de nous insurger quand cela est nécessaire, sans violence, mais que sans aucun doute, nous l’utilisons peu ou prou.

Cette conversation a aussi attiré mon attention sur ce devoir de  » voice out » nos préoccupations face à une attitude que nous estimons être inconvenante. En tant que femme, il est décidément de notre devoir de prendre le contrôle de nos vies, de nos actes, et inciter en permanence au respect, sans fausse modestie.

Oui, apprenons car ce n’est pas facile de changer. Changeons ces mentalités rétrogrades ou battons-nous pour car j’ai réalisé que c’est à nous d’impulser le changement. Et vous, qu’en dites-vous?

Love, Anna♦

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Anne Christelle
Originaire du Cameroun, âgée de 28 ans, professionnelle du marketing dans la vie de tous les jours et bloggeuse. Je blogue pour faire découvrir et faire aimer la culture africaine. Je blogue car je crois fermement que l’appropriation culturelle est essentielle pour le développement d’un peuple. C’est ma petite pierre à l’édifice d’une Afrique rayonnante, mon rêve!

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